ECORADICALISME

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Site  écoradical

Proposé par JP Gatard

 

 

Manifeste écoradical

Ecopolis 1

La Liberté du Scorpion - Présentation

Les Maisons Sauvages - Présentation

 

Qu’est-ce que l’écoradicalisme ?

 

Dans les pays anglo-saxons, le mot « radical » désigne une attitude intransigeante, et donc « écoradical » pourrait signifier un certain extrémisme naturaliste. Mais en France, si le Parti Radical est extrémiste, c’est d'extrême-centre qu’il s’agit. Le mot « radical » (de radix : racine) invite plutôt à ne pas faire les choses à moitié, au sens où, face à un problème vaste et complexe, on préférera aller à la racine des choses au lieu de se contenter de mesures superficielles, aussi impressionnantes soient-elles. L’objectif n’est pas de taper dans l’œil en jouant les purs et durs, mais d’avoir une vision d’ensemble et sur le long terme, sachant que le présent lui-même est déjà très difficile à analyser, surtout si on veut aller à la racine des choses ! Et qu’on ne saurait séparer économie et écologie. Le terme « écoradical » peut ainsi exprimer le souci d'un changement profond, véritable, du mode de vie, au moins dans certains de ces aspects (habitat et nourriture sains, respect de l'environnement, gestion durable des ressources, pour l'essentiel). La Pureté est mythe, étranger à la logique du vivant.

Le terme « écoradicalisme » n’existant pas, je l’ai donc créé pour désigner une approche globale cohérente et pragmatique d'un monde moderne qui se révèle déjà, lui, radicalement, et même dangereusement, nouveau ; et ce, en allant « à la racine (radicalisme) du vivant (éco-) »[1], notamment en faisant preuve d’humilité envers la nature.

 

 

En quoi le monde moderne est-il devenu radicalement et dangereusement nouveau ?

 

1 -        Un espace et des ressources limités

Jusqu’à présent, quand une communauté dégradait son milieu, elle pouvait encore partir vivre ailleurs. Si c'était toute une civilisation, elle disparaissait, mais il restait d'autres bonshommes ailleurs sur la planète, et la survie de l’humanité suivait son cours. À présent la planète apparaît limitée, en espace et en ressources, et même largement insuffisante si on s’accroche au mode de vie occidental, que le monde entier veut imiter. Cette situation peut générer de lourdes tensions.

 

2 -        Une capacité d’auto-destruction

L’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki fut suivie d’une gigantesque course aux armements. Nous avons la capacité de détruire la biosphère, ce qui sera encore plus vrai avec les armes issues des bio- et surtout des nanotechnologies. Ce n’est pas le progrès technique en lui-même qui est en cause, d’ailleurs nous en avons déjà bien profité. Mais en passant de la massue préhistorique à la bombe atomique historique, l’homme n'a pas seulement accru la puissance de ses techniques ; il a aussi accru le risque d’en perdre le contrôle. Ce qui commence à poser un vrai problème lorsque cette puissance devient quasi-illimitée. De plus il ne semble pas avoir accru sa sagesse dans les mêmes proportions.

 

3 -        Croissance et marchandisation

« La croissance » est une exigence fondamentale du système économique capitaliste. Et elle est basée sur la conquête permanente de nouveaux marchés, d’où une concurrence acharnée à tous les niveaux, dans tous les domaines, puisque cela exige aussi de transformer en marchandise tout ce qui ne l’est pas encore : les services publics, la nature, le fonctionnement du vivant lui-même, ce qui va les soumettre à cette même logique. Ensuite, le marché réagit de plus en plus à court terme, auto-alimentant ainsi sa propre instabilité. Enfin la financiarisation de l’économie, loin d’être une dérive du capitalisme, qu’il suffirait de redresser avec un peu de bonne volonté, semble plutôt au cœur du système, une étape obligée. Les élus deviennent alors les otages du monde de la finance.

 

4 -        Financiarisation de l’économie et déshumanisation

Cette évolution de l'économie exige de s’appuyer sur les nouvelles technologies sans trop s'encombrer d'une étude fiable des risques, trop longue et coûteuse. Et aujourd’hui la pression vient même davantage du système financier que des financiers eux-mêmes : à titre individuel ils peuvent bien être conscients des risques et les regretter, ils n'en sont pas moins prisonniers de leur propre logique, qui exige un profit maximal et immédiat. À titre d'exemple, avant l'informatisation, les décisions boursières devaient se prendre en quelques jours, ce qui était déjà souvent bien court ; aujourd'hui les choses doivent souvent se décider en quelques centièmes de seconde, donc hors de portée des hommes ; on programme donc les ordinateurs pour qu'il décident eux-mêmes. Et la programmation n'inclut pas les états d'âme…

 

5 -        Finance et sciences

Si d’une part la pression s’exerce sur le monde financier, et que d’autre part les techniques montent en puissance, le premier va tenter de mettre la main sur les secondes, ce qui passe par la privatisation de la science, et par conséquent sa dénaturation : l’objectif premier de la science a toujours été la connaissance pour elle-même, désintéressée ; s’il change, l’orientation de la recherche change aussi, s’axant désormais sur la rentabilité financière plutôt que sur le bien public ; et toute l’information qui les concerne tend à devenir partielle et partiale, sinon fantaisiste, car bloquée d’un côté par le secret industriel et déployée de l’autre en tant que publicité, dont il sera pratiquement impossible de prouver le caractère volontairement mensonger.

 

6 -        Complexité et perte de contrôle

On commence à s’apercevoir, avec la croissance des bugs informatiques, que plus une technologie se déploie et se complexifie, plus elle devient difficile à contrôler : là il y a une limite, à la fois pratique et théorique. Or en informatique la complexification augmente non seulement au sein des logiciels, mais aussi du fait de l’interconnexion croissante des systèmes. Il peut même parfois se produire des phénomènes émergents imprévisibles : la complexité va produire de l’incertitude. Or cette complexité croît de façon exponentielle, non seulement dans chacune des trois nouvelles technologies (informatique, biotechs, nanotechs), mais on se demande bien ce qu’on pourra contrôler, globalement, quand elles vont sérieusement se combiner. Surtout si la loi du marché impose le secret industriel et manipule les décisions politiques.

 

7 -        Complexité et incertitude  (Thème développé dans la 1ère partie du Manifeste écoradical)

Cette situation a des conséquences nombreuses, complexes, incertaines, parfois non quantifiables, dans tous les domaines : économique, social, politique, technique, etc. Elles affaiblissent un système institutionnel, notamment étatique, qui fonctionnait jusqu'à présent, tant mal que bien, et qui aujourd’hui peine à suivre.

Le célèbre trou d'ozone au-dessus de l'Antarctique avait été un premier signal sérieux ; mais si une action à l'échelle internationale a pu être menée avec efficacité, c'est parce que le jeu des causes et des effets était relativement simple, et surtout parce qu'ils ne remettait pas en cause le système économique. Pour ce qui est du réchauffement climatique, mais aussi de la gestion des ressources (et dans une certaine mesure de la pollution, ne serait-ce que de sa seule évaluation...), c'est une tout autre affaire : les paramètres sont trop nombreux, toutes les disciplines sont concernées, par conséquent un vrai accord, efficace, entre Etats, semble actuellement très improbable, principalement pour cause de concurrence économique.

Quant à nos élites, elles sont formées pour gérer un monde économique connu et stable, pas pour faire face à la complexité d’un monde en perpétuelle évolution, imprévisible, instable, incertain, et pour tout dire inconnu.

 

 

 

8 -        Urgence    (Voir 1ère partie du document Ecopolis 1)

L’urgence surgit dans tous les domaines en même temps : climat, pollution, ressources… L’évolution technologique est à la fois trop rapide, trop étendue et trop fondamentale pour que la société ait le temps de s’y adapter en profondeur, c'est-à-dire en en maîtrisant les tenants et les aboutissants, d’autant plus qu’elle est soumise à la compétition économique. On fonce en aveugle à tombeau ouvert. Donc l’urgence elle-même devient un obstacle, quand elle ne crée pas des problèmes, car on ne cherche qu’à gagner du temps, à trouver des astuces, au jour le jour, sans recul.

 

 

Comment y faire face ?

 

Face à cette liste un brin sinistre, on ne peut opposer, comme paramètres positifs, que deux choses : d’une part une évolution technologique qui serait maîtrisée, et d’autre part la démocratie, qui a elle aussi ses lacunes : dans son fonctionnement actuel les électeurs n’ont pas ou peu les tenants et aboutissants de leur vote, notamment concernant les grands défis planétaires. Ces deux paramètres ne sont donc que potentiellement positifs, et seront difficiles à activer.

Et le premier dépend du second : on ne peut freiner la marchandisation et la technocratisation de la science que si on développe une force aussi puissante que celles du marché et des institutions. Une telle force ne peut guère venir que de la société civile, par un approfondissement de la démocratie, si on considère le libéralisme en tant que philosophie politique plutôt que technique économique. En effet la démocratie classique se limite à un "dialogue" des plus succincts entre les individus et les institutions représentatives : les candidats aux élections font des propositions, les électeurs votent. En revanche le libéralisme politique a consisté à reconnaître la valeur des « corps intermédiaires » (entre les individus et l’Etat), à savoir tous types d'associations à but non lucratif, ce que l'Etat français a mis fort longtemps à admettre, d'abord par une loi (loi 1905) puis beaucoup plus tard par la reconnaissance d' « associations d'utilité publique », et même « d’intérêt général », près de deux siècles après la révolution ! En effet l’étatisme, comme philosophie politique, considère que l’Etat est « seul représentant légitime de l’intérêt général », et que les corps intermédiaires ne sauraient être que l’expression des intérêts d’un groupe de gens, autrement dit d’un « intérêt commun », entre intérêt individuel et intérêt général.

Or ce qu'on a appelé après-guerre « le mouvement associatif » procède d'une dynamique qui dépasse largement la notion d'intérêt commun (à savoir l'intérêt d'un groupe, d'une communauté) pour aller jusqu'à l'intérêt général. Intérêt général qui finalement ne saurait être vraiment défendu par les Etats, quoiqu'ils en disent, puisqu'ils sont tenus avant tout de défendre les intérêts de la nation qu'il gèrent, parfois au détriment d'autres nations. Seules des institutions comme l'ONU et ses dépendances (FAO, Unesco…), ou une dynamique comme la société civile internationale, peuvent réellement le défendre.

Depuis quelques décennies on assiste à l’émergence de cette « société civile internationale » dont on peine à définir tant la nature que le potentiel. La société civile fut longtemps définie comme étant « la société tout entière moins l’Etat », donc incluant le marché. Mais aujourd’hui, quand on parle de société civile internationale, on lui reconnaît une nature bien distincte du marché, et même un rôle spécifique. Mais elle ne saurait être automatiquement, par nature, à l’abri de tout dogmatisme et des certitudes trop faciles.

De plus les techniques sont devenues si complexes que cela incite à se reposer sur une « république des experts », dont beaucoup sont liés plus ou moins discrètement au secteur privé. Plus ennuyeux : l’accélération des découvertes fait que l’on n’a pas encore le temps de légiférer sur les petites dernières que ces techniques, et a fortiori les nouveaux textes législatifs censés les encadrer, sont déjà obsolètes.

Il faut donc instituer de vrais débats, et pour qu'ils aient un sens, une véritable éducation populaire. C'est seulement quand la société civile aura intégré l'esprit scientifique qu'on pourra lui reconnaître les qualités exigées par son rôle historique.

 

 

Une nouvelle approche

 

Un second clivage politique : la répartition du pouvoir

La vie politique actuelle est entièrement organisée sur le clivage gauche / droite, axé sur la façon dont les richesses sont réparties au sein de la société. Mais il en existe un autre, qui ne se superpose pas du tout au premier, malgré les apparences : il porte sur la conception du pouvoir ; il existe depuis toujours mais n’a pris une importance considérable, à mes yeux, que depuis peu.

On sait depuis longtemps qu'il existe une droite autoritaire et étatiste, et une droite libérale (libérale surtout au sens économique) ; et une gauche étatiste (plus qu'autoritaire) et une gauche libérale. Cette gauche libérale est en fait double : l'une, ancienne, plutôt libertaire, adhère à un libéralisme philosophique ; l'autre, récente (depuis 1983, en gros) est économiquement libérale, social-capitaliste, parfois ultralibérale dans les faits.

On réduit d’ordinaire le libéralisme au souci de limiter l’intervention de l’Etat dans le domaine économique, et plus précisément dans « le marché ». C’est oublier trois choses : tout d’abord le marché n’existe que parce que l’Etat l’a créé, structuré. Ensuite l’économie ne se limite pas au marché : ainsi c’est la planification de l’économie qui a permis de la redresser après guerre ;  et l’économie sociale pourrait fort bien avoir une place bien plus grande qu’aujourd’hui, et encouragée par l’Etat ; ce n’est pas parce qu’elle est « sociale » qu’elle est incapable de créer des richesses, avec un bilan global positif ! Dire qu’elle est « sociale » doit simplement signifier qu’elle n’est pas fondée sur l’accumulation du capital mais au contraire sur la satisfaction des besoins réels, ce qui est quand même bien l’objectif de l’économie ! Dès lors le véritable libéralisme devrait consister à combiner diverses façons de satisfaire les besoins réels, donc favoriser l’économie sociale.

Enfin, l’Etat et le marché ne sont pas les seules grandes forces de la société, ni même de l’économie, en principe : il y a aussi « la société civile » ; on en trouve une illustration frappante dans le réveil de la société civile arabe. J’ai redéfini cette expression, pour la rendre pragmatique, en la considérant comme une dynamique spécifique, un pouvoir, plutôt qu’une foule informe. Le libéralisme, dès lors, peut aussi être la capacité de l’Etat et du marché à reconnaître à la société civile un rôle spécifique et indispensable, avec sa nature propre, ses qualité propres, donc à lui reconnaître un pouvoir à part entière, devant devenir au moins égal au leur. Et à en favoriser l’émergence, sous les conditions évoquées plus haut.

(Sur le libéralisme, voir le document Liberté du Scorpion - Présentation, aux paragraphes « Pouvoir et liberté » et « émergence de la société civile ». Sur le pouvoir, dont la société civile, voir les 2ème et 3ème parties du Manifeste écoradical)

 

Une autre conception du pouvoir

A partir de l’extraordinaire développement des sciences et des techniques au siècle des Lumières, le monde occidental a adopté une approche mécaniste, "horlogère", de la matière, y compris de la nature et même, peu à peu, de l’homme, approche pour laquelle les causes et les effets sont bien déterminés, où tout est rationnel ; vision bien rassurante, sans doute, mais fort éloignée de la dynamique du vivant ! Sans parler de la "description" tendancieuse de la nature, laquelle serait fondée sur des rapports de domination – bien commode pour justifier les rapports existant dans la société humaine. Or durant mes études de biologie j'ai pu constater que la nature suit bien plus une logique d'association que de domination. Il m’est ainsi apparu qu'il existait une analogie très forte entre le rapport que l'homme entretient avec la nature et celui que les Etats entretiennent avec la société civile, l'un éclairant suffisamment l'autre pour en tirer de nombreuses leçons.[2]  

Que les écosystèmes offrent un visage logique, sinon mécanique, ne signifie nullement que ce visage soit le seul, ni le plus important. Et attendre ainsi que nous ayons décrit l'évolution du monde de façon bien rationnelle, bien prévisible, pour agir, pourrait se révéler dangereusement illusoire. C'est un autre regard qu'il faut porter sur la société et la vie, et l'observation du vivant nous le fait clairement apparaître : non seulement les rapports d'association sont plus répandus que ceux de prédation, de domination, mais la « gestion du chaos » [3] l’est également bien davantage que les fonctionnements purement mécaniques.

Ce qui implique de relativiser considérablement notre pratique centralisatrice du pouvoir, qui organise la société de façon trop rigide. L’évolution du monde moderne rend cette pratique de plus en plus inopérante. En somme, l’Etat centralisateur est trop dominateur, et le marché est trop prédateur et uniquement axé sur l’accumulation de l’argent, objectif guère en phase avec les défis de notre époque.

Les seul « acteur global », le seul pouvoir, susceptible d’équilibrer un jour les pouvoirs institutionnel et financier, semble être la société civile internationale, à condition de la définir non comme un ensemble d’individus ou de groupes, mais comme un pouvoir en soi, comme étant cette dynamique qui colle à l’évolution actuelle du monde : instable mais vivante, volontaire mais désintéressée, associative donc recherchant le consensus. La nature humaine est trop ambivalente, trop complexe et mouvante, pour qu’on se serve de cette expression, de cette définition, pour cataloguer des individus ou des groupes. Ainsi un même individu, voire un même groupe, peut agir tantôt selon une dynamique civique, tantôt dans une logique financière, tantôt dans une logique institutionnelle. Il me semble plus judicieux, plus pragmatique, de considérer les dynamiques, les pouvoirs en tant que tels, somme toute peu nombreux (j’en vois trois : institutionnel, financier, civique ou « citoyen »), que les individus ou les groupes qui les mettent en œuvre. Cela permet d’analyser la société plus aisément, en fonction des dynamiques qui la traversent, de leurs qualités, et non plus en fonction des groupes qui la composent, dont les motivations et les comportements peuvent varier avec le temps, devenant parfois dogmatiques, opportunistes, etc…

Dès lors il n’est plus nécessaire de juger du caractère démocratique ou non de l’activité de cette « société civile », puisqu’elle est alors une condition de la démocratie (contribuer à informer le citoyen sur les tenants et les aboutissants de son vote, notamment), non la démocratie elle-même.

Enfin elle doit contribuer à rétablir un équilibre entre deux conceptions de la vérité « bonne à dire » : la conception scientifique, basée sur l’humilité, l’esprit critique, la compréhension réelle des mécanismes et des situations ; et la conception politique, pour ne pas dire publicitaire, basée sur la conviction, les apparences, les émotions, la pseudo-pédagogie.

 

Remarques

Si dans mes écrits je n’évoque guère le nucléaire, c'est seulement parce qu'il n'entre pas dans mon propos de faire l’habituel « tour de la question environnementale » ; sur ce sujet, voyez plutôt le CRII-Rad et le réseau Sortir du nucléaire. Les bio- et nanotechnologies m’ont servi à illustrer ma réflexion sur le rapport de l'homme à la nature, et sur la façon dont ce rapport influe sur notre vision du monde, notamment notre conception du pouvoir.

De même, je n'ai pas traité directement de justice sociale, ni du débat « réformisme social-démocrate ou révolution anticapitaliste », non pas parce qu'ils ont moins d’importance, ou qu'ils n'auraient pas d'influence sur l'évolution de la question environnementale, mais tout simplement parce qu'ils sont déjà largement traités à gauche. Mon travail est donc une contribution à l’approfondissement d’un thème qui me semble devenir de plus en plus important ; car il ne s'agit pas seulement, contrairement à ce que fait la social-démocratie, de discuter seulement de répartition des richesses, mais aussi et surtout de discuter de ce que sont les richesses, et de la manière de les produire ; de ce qu’est le pouvoir, et de la manière de le répartir ; de ce qu’est l’information, et de la manière de la diffuser (scientifique, pour comprendre, ou politique, pour convaincre). Les idées et thèmes exposés dans mes textes servent à illustrer deux principes : le principe du vivant et le principe d'équilibre. Ils ne proposent pas une solution globale et définitive. Ainsi dans ma « théorie des trois pouvoirs », il ne s'agit pas de justifier l'existence du pouvoir financier, mais seulement de sortir de l'opposition binaire pouvoir étatique / pouvoir financier, qui apparaît désastreux du fait de l'impuissance des Etats face à la logique capitaliste, en introduisant un troisième pouvoir, que j'appelle « société civile », mais qu’on peut aussi bien appeler « dynamique civique », ou « pouvoir civique ». Un fonctionnement ternaire offre des possibilités que n'a pas un fonctionnement binaire. C'est le principe ternaire qui compte ; le pouvoir financier pourrait n'être que transitoire, mais je ne suis pas compétent pour en débattre.

Ainsi, si je parle de principe d’équilibre et de voie du milieu, ce n’est pas pour aboutir au centrisme politique, mais plutôt parce que « on recommence toujours par le milieu », comme le répétait un philosophe français ; ce qui faisait dire à Daniel Bensaïd, philosophe trotskyste, qu’ « on doit pouvoir s’ouvrir à la nouveauté sans perdre le fil des expériences acquises ». La nouveauté, c’est Internet et la « démocratie des réseaux », mais aussi la théorie du chaos, dans laquelle je puise ma conception de la société civile, susceptible de tempérer les lourdeurs du centralisme démocratique.

 

Pour que cette démarche devienne pragmatique, il faut l’expérimenter. Or pour expérimenter une dynamique socio-économique de ce genre, l’échelle géographique est importante : un simple lotissement est trop petit, une ville trop grande ; le village, ou le quartier, me semblent appropriés. C’est pourquoi mes deux livres se terminent sur les aspects théoriques et pratiques de la création d’un écovillage, et que les documents « Ecopolis » portent exclusivement dessus.

Libre à chacun de s’en inspirer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des textes intégraux peuvent être consultés, copiés et diffusés librement :

Le Manifeste écoradical   

L’objet de ce manifeste est de montrer que la complexité croissante, la simultanéité et l’aggravation des grands problèmes mondiaux exigent d’innover dans notre conception et notre pratique du pouvoir. Il faut donc montrer cette complexité, puis exposer ce qu’on entendait jusqu’à présent par « pouvoir », enfin proposer une nouvelle culture du pouvoir, que nous avons baptisée « écoradicalisme » (radical au sens de racine, et non d’extrême), fondée sur l’équilibre des contraires, comme l’est le monde vivant.

 

Ecopolis 1  L’écologie appliquée – pour un village écologique expérimental

Exposé effectué devant le Conseil de Développement de la Communauté de Communes « Pôle Azur Provence » (Grasse et alentours), dans le cadre d’un nouveau programme sur l’habitat. Cet exposé utilise l’écoradicalisme pour faire ressortir les enjeux à moyen terme et l’intérêt de la création d’un véritable écovillage (et non un « éco-lotissement », simple agrégat de maisons écolos). Enjeu : contribuer à la popularisation d’une écologie pratique, libérer les énergies créatrices et autorégulatrices de la société civile.

 

Ecopolis 1 en tableaux PPoint : présentation PowerPoint de l’exposé ; schémas, pour projection

 

Ecopolis 2 (description du village)

A l’échelle d’une cité, tout comme à celle de la planète aujourd’hui, tout se tient ; c’est pourquoi l’expérience doit être à la fois architecturale, environnementale, économique et sociale, faute de quoi elle ne sera pas perçue comme une solution à la crise, mais comme « un truc pour écolos financièrement aisés ». Au contraire, le mode de vie qu’elle expose doit être plus agréable et moins coûteux que le mode de vie ordinaire.

 

 

Ouvrages en vente :

 

 

 

LES MAISONS SAUVAGES ou Habiter en soi : L’Homme face à la Nature - Du Rêve aborigène au village écologique  (ISBN 2-9525538-0-7)       

Promenade aux frontières du Temps du Rêve (le Dreamtime des aborigènes), Les Maisons Sauvages vous emmènent des profondeurs de la nature humaine jusqu’à son expression dans un mode de vie permettant aux hommes de retrouver leur véritable rythme.

Présentation MS

Table des matières MS

 

 

 

 

LA LIBERTE DU SCORPION ou la terre en sursis : La Société face à la Nature - Développement durable et pouvoir de la société civile            (ISBN 2-9525538-1-5)

L’homme semble prisonnier du cercle de feu qu’il a lui-même créé, jusqu’à mettre en danger la planète bleue : tel le scorpion, il semble être voué à l’autodestruction. Peut-il encore échapper à ce « destin manifeste » ?

Présentation LdS

Table des matières LdS

 

 

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Les Maisons Sauvages                                     La Liberté du Scorpion 

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Editions Skreo   /   J.P. Gatard

704, chemin de Peidessalle                 

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Sites de référence

 

www.alternatives-economiques.fr

www.natureetprogres.org                    l’écologie en pratique

www.ecologiste.fr

www.survival-international.org             protection des peuples indigènes

www.inprecor.org                               revue d’information et d’analyse / 4ème internationale

www.sortirdunucleaire.org

www.infogm.org et www.resogm.org

www.fondation-nicolas-hulot.org

www.actioncarbone.org

www.vivagora.org                               veilles citoyennes d’information

 

 

Directeur de publication : JP Gatard

 



[1]   Néanmoins si « radical » vient du latin radix, racine, « éco »  vient du grec oïkos, milieu,  et est utilisé aussi bien dans « économie » que dans « écologie ».

[2]   Ce que je me suis efforcé de faire, par des textes en diffusion libre, ci-dessous, et par deux livres : l’un, La Liberté du Scorpion, sur la société et la nature (économie, politique, environnement, etc.) ; l’autre, Les Maisons Sauvages, sur l'individu et la nature (perception, philosophie, identité, etc.).

[3]  « Théorie du chaos » est une expression imagée mais fausse : ce qui est appelé « chaos » est en fait l’état entre ordre et désordre, état qui, bien que fondamental, n'a pu être vraiment étudié que depuis l’apparition de l’informatique. Ainsi que le décrit le biologiste Henri Atlan, c’est seulement dans cet état intermédiaire des choses, entre l’ordre du cristal et le désordre de la fumée, que la vie se développe.